Info Escrime

[Extrait WIKIPEDIA]

L’escrime est un sport de combat. Il s’agit de l’art de toucher un adversaire avec la pointe ou le tranchant (estoc et taille) d’une arme blanche sur les parties valables sans être touché.

On utilise trois types d’armes : l’épée (discipline olympique depuis 1900 pour les hommes et 1956 pour les femmes), le sabre (discipline olympique depuis 1896 pour les hommes et 2004 pour les femmes) et le fleuret (discipline olympique depuis 1896 pour les hommes et 1924 pour les femmes). Ces trois armes sont mixtes : épée féminine et masculine, fleuret féminin et masculin et sabre féminin et masculin. Les épreuves sont individuelles ou par équipes. Elles sont donc au nombre de douze.

L’escrime est l’un des sports où le français est la langue officielle. Chaque pays utilise sa langue pour les compétitions nationales, mais dès que la compétition devient internationale, le français est obligatoire pour l’arbitrage. « En Garde ! Etes-vous prêts ? Allez ! Halte ! … ». L’arbitre dispose, en plus, d’un code de signe pour expliquer chaque phrase d’armes.

Histoire

Articles détaillés : Histoire de l’escrime et Chronologie de l’escrime.

Si l’on considère l’escrime comme l’art de manier les armes de poing, son histoire commence à l’aube de l’humanité. Dès l’Antiquité, les témoignages de combats à l’arme blanche sont nombreux, à l’instar des bas-reliefs égyptiens du temple de Ramsès III à Médinet Habou.

La conception moderne de l’escrime apparaît en même temps que l’arme à feu. Jusque là, les techniques devaient s’adapter aux protections que portaient l’adversaire et notamment la cotte de mailles ou l’armure. Avec l’apparition de la poudre, la course en avant entre l’outil offensif, l’épée, et la protection, l’armure, perd sa raison d’être : l’arme à feu rend caduque l’armure, et même dangereuse, car ralentissant le mouvement de la cible. L’épée devient alors plus fine et plus légère.

L’histoire de l’escrime peut être partagée en deux étapes : la première est la marque d’un glissement progressif de l’activité guerrière vers une forme d’art martial où le beau geste et l’élégance morale l’emportent ; la deuxième est un nouveau glissement, plus rapide celui-là, entre l’art martial et la pratique sportive contemporaine.

Étymologie

En bas latin, escrime se disait schermare et en italien scherma ; ces mots donnèrent en ancien français, les verbes « escremir » et « escremier », qui signifiaient combattre, tirer des armes. Plus récemment le mot « escrime » proviendrait du scandinave « skrimen », ou de l’allemand médiéval « skremen », signifiant « art de se défendre ». On peut définir l’escrime comme l’art de se servir des armes de tranchant et de pointe pour se défendre et pour toucher l’adversaire.

L’origine

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Des épées médiévales

C’est durant le siècle de Saint Louis qu’apparaissent dans les écrits les premiers maîtres d’armes professionnels[réf. nécessaire]. On reconnaît alors que manier l’épée nécessite un enseignement à la fois théorique et pratique, et cet enseignement est recherché par la noblesse, qui risque fréquemment sa vie sur le champ de bataille, et qui est la seule à pouvoir prétendre à la possession d’une belle épée de qualité.

L’escrime médiévale étonne surtout par la richesse de son répertoire, contrairement aux idées reçues qui ne laissent place dans l’imaginaire contemporain qu’à des épées énormes et des boucliers lourds et encombrants en acier. On y pratique quasiment toutes les armes blanches et contondantes possibles : l’épée, la masse, le marteau de guerre, la lance, la hache, la dague et le poignard, entre autres. La maîtrise de toutes ces armes découlent directement d’une pratique de l’escrime quasi-exclusivement sur les champs de bataille. Toujours à l’opposé des idées reçues, le guerrier médiéval est assez rapide (cette qualité a toujours été à la base de l’escrime) et beaucoup plus libre de ses mouvements qu’on ne le pense.

Des Fechtbücher (Traités d’escrime, en allemand) ont été écrits du XIVe au XVIe siècles par plusieurs maîtres germaniques ; les plus célèbres sont Johannes Liechtenauer, le maître incontesté du XIVe siècle, et Hans Talhoffer, maître suisse au XVe siècle.

Des écoles de maniement des armes, privées en relations plus ou moins constantes les unes avec les autres, apparaissent dans le Saint-Empire romain germanique : à Zurich, à Bâle, à Ratisbonne, et dans un grand nombre de villes libres d’Allemagne. On y enseigne l’escrime médiévale classique.

C’est en Italie que de nouveaux maîtres, inventifs et avant-gardistes, font leur apparition au tournant des XIVe et XVe siècles : notamment Fiore dei Liberi (1350-1420), courtisan du duc d’Este. Fiore dei Liberi publie en 1410 un traité d’escrime qui va progressivement uniformiser à l’échelle européenne le maniement des armes : il s’agit de son unique œuvre, le Flos Duellatorum. Il est considéré comme le fondateur de l’école italienne.

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Rapière, première moitié du XVIIe siècle

Au XVe siècle l’escrime connaît sa première révolution avec l’invention de la rapière. Cette arme, exceptionnelle pour son époque à tous les points de vue, va complètement transformer l’approche de la discipline. C’est le premier pas vers une escrime de loisir : il s’agit des premiers concours et compétitions d’escrime, qui prennent la suite des anciens tournois pour une noblesse qui voit les derniers feux de la chevalerie. La rapière apparaît en Espagne vers 1470. Son nom est un dérivé de l’espagnol espada ropera, c’est-à-dire « épée que l’on porte avec ses vêtements » : plus simplement, il s’agit de la première épée de ville.

Durant le XVe siècle, la rapière, dont l’usage se répand en Méditerranée, est notamment exportée en Italie. Les maîtres italiens connaissent l’arme mais pas son maniement : ils réinventent complètement, de leur côté, la façon d’utiliser la rapière selon l’essai de Camillo Agrippa. Elle s’allonge (1m10), sa pointe s’affine et sa lame s’étrécit. Arme polyvalente, elle permet avec autant d’aisance de porter des coups d’estoc et de taille.

La rapière, en fait, répond à l’apparition des armes à feu. Ces dernières ayant provoqué la disparition progressive des armures, qui ne peuvent les contrer, les armes blanches peuvent aussi s’affiner et préférer la finesse et la rapidité à la force brutale. Son usage se répand progressivement dans toute l’Europe de l’Ouest : dans les années 1490-1500, elle arrive en France à la suite des guerres d’Italie qui ont également amené la Renaissance dans ce même pays ; elle apparaît en Angleterre et en Allemagne vers 1515.

En France, la codification de l’escrime, la définition de ses termes et l’organisation d’une pédagogie de l’escrime eu lieu au cours du XVIIe siècle par des maîtres d’armes tels que Le Perche du Coudray, Besnard ou Philibert de la Touche. L’absence de masque de protection à treillis métallique conduit à l’élaboration de la phrase d’armes.

Le sport

Présentation devant le Président Félix Faure au Palais de l’Élysée en 1895

Les règles actuelles n’ont été définitivement fixées que très tardivement. Il a fallu que soit créée la Fédération Internationale d’Escrime (FIE) pour que les règles soient enfin acceptées par tous les pays. En juin 1914, la FIE réunie en commission à Paris rédige les règlements des trois armes mettant fin à quinze ans de polémiques couronnées par le boycott des épreuves de fleuret au Jeux Olympiques de Stockholm en 1912.

 

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Anja Fichtel (à droite) aux championnats du monde en 1993

Le fleuret et le sabre masculin sont armes olympiques dès les premiers Jeux Olympiques en 1896. L’épée masculine le devient en 1900. La première arme féminine est le fleuret ; elle intègre le programme olympique en 1924. Ce n’est qu’en 1996 que l’épée féminine devient arme olympique et en 2004 que l’on voit l’apparition du sabre féminin.

Outre la distinction par sexe, l’escrime connaît des catégories d’âge qui sont :

Catégorie d’âge Poussin Pupille Benjamin Minime Cadet Junior Senior Vétéran 1 Vétéran 2 Vétéran 3
Taille de la lame 0 (77 cm) 0 (77 cm) 2 (82 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm) 5 (90 cm)
Âge minimum 6 8 10 12 14 17 20 40 50 60
Âge maximum 7 9 11 13 16 19 39 49 59 +

C’est l’année de naissance qui détermine la catégorie dans laquelle entre un jeune, et reste la même tout au long d’une saison, calquée (en France et en Suisse, tout du moins) sur le calendrier scolaire.

L’universalisation

Jadis, l’escrime était un sport pour l’élite qui a commencé au début du XIXe siècle concentrée sur quelques pays européens. Depuis son apparition aux Jeux olympiques de 1896, trois pays se partagent la majorité des médailles : la France, l’Italie et l’Allemagne. Maintenant l’escrime est constituée de sportifs de tout niveau social.

Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les pays de l’Europe de l’Est, guidés par une gestion idéologique du sport ont commencé à s’intéresser fermement à l’escrime. Rejoignant la Hongrie qui a une longue tradition au sabre, l’URSS, la Pologne et dans une moindre mesure la Roumanie sont venues concurrencer sérieusement les pays occidentaux sur les podiums.

L’ouverture sur le monde est assez tardive. Elle a commencé dans les années 1950 par l’apparition de tireurs coréens et chinois mais leurs résultats sont pour beaucoup dus à quelques individualités.

L’Amérique n’a fait qu’une entrée encore plus tardive sur les pistes d’escrime. Si l’on excepte Cuba grâce au champion Ramón Fonst et à ses fleurettistes des années 1990, les États-Unis n’ont commencé par émerger que dans la deuxième moitié des années 1990, après la chute du monde communiste et en partie grâce au recrutement de nombreux maîtres d’armes.

L’Afrique reste peu représentée au niveau mondial. Seul l’égyptien Alaaeldin Abouelkassem parvient à remporter la médaille d’argent de l’épreuve individuelle de fleuret aux Jeux olympiques d’été de 2012 organisés à Londres, offrant à l’Égypte et au continent africain sa première médaille de la discipline dans une compétition mondiale. Aucun représentant du continent africain n’a en revanche encore remporté de médaille aux championnats du monde. Il existe également des tireurs de bon niveau notamment en Tunisie ou en Algérie.

Les valeurs

  • Philosophiquement, le respect de l’autre, le respect des règles et le courage sont des valeurs primordiales de l’escrime : les tireurs se saluent avant l’assaut, et puis une fois l’assaut terminé ils se remercient l’un l’autre et se serrent la main avant de se quitter. D’ailleurs si l’un des tireurs ne respecte pas cette règle (jette son masque, ne salue pas son adversaire, etc.) il risque une exclusion pour toute la saison.
  • Intellectuellement, la maîtrise de soi et la créativité sont également à la base de ce sport. Lors d’un assaut, des qualités d’anticipation, d’élaboration d’un projet tactique de précision sont sollicitées en permanence.
  • Physiquement, l’escrime exige, et contribue à, une grande souplesse, l’acquisition de réflexes, une flexibilité et une rapidité dans tous les mouvements. La coordination inter-segmentaire, une grande force statique et explosive au niveau des membres inférieurs associés à de l’endurance, font de l’escrime de compétition l’une des activités sportives les plus éprouvantes.

L’escrime contribue à développer et renforcer ces valeurs, dans une harmonie du corps et de l’esprit.

Les armes

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de haut en bas : FLEURET, EPEE, SABRE

L’escrime sportive contemporaine utilise trois armes différentes : le fleuret, l’épée et le sabre. Cette escrime aux trois armes s’est constituée à la fin du XIXe siècle. Toutes ces armes sont présentes aux compétitions de niveau olympique (le sabre féminin a débuté aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004).

La lame de l’arme adulte est par convention dite lame no 5. Pour les enfants, le poids et la taille de l’arme sont adaptés. Les poussins et pupilles utilisent une lame no 0 de 77 cm, les benjamins une lame de taille no 2 de 82 cm.

Dans les académies classiques, on enseigne le maniement d’armes d’escrime historique et d’Escrime médiévale telles que la grande canne, la rapière, l’épée bâtarde (appelée également épée 1 main et demie), la dague et les différents types de boucliers (targe, écu, rondache, …). Il est possible de pratiquer l’escrime ancienne en utilisant des accessoires : vestimentaires, comme la cape, ou divers tel qu’une lampe.

longueur max longueur de la lame poids max
Fleuret 110 cm 90 cm 500 g
Epée 110 cm 90 cm 770 g
Sabre 105 cm 88 cm 500 g